Résumé : Ils vendirent tous leurs biens et convertirent leur nouvelle fortune en or et pierres précieuses, facilement monnayables à leur arrivée en France.
 

Histoires et légendes en Oléron – Le Jeune Henri
 
        Après la Révolution et Napoléon Ier, des hommes avaient fui « aux îles », à la Martinique, à la Barbade, abandonnant tous leurs biens ; ils souhaitaient refaire fortune comme planteurs ; après des années de travail, chacun d'eux était à la tête d'une belle plantation prospère. Ils auraient pu être heureux, dans ces pays enchantés, mais la France leur manquait ; c'est pourquoi ils décidèrent, lorsque Napoléon disparut, de frêter un bateau, qu'ils appelèrent « Le Jeune Henri ». Ils vendirent tous leurs biens et convertirent leur nouvelle fortune en or et pierres précieuses, facilement monnayables à leur arrivée en France. Ils firent route vers La Rochelle mais, en vue de la côte de Saintonge, une tempête de Nordet effrayante se leva et rejeta le navire sur la côte des Boulassiers, dans l'île d'Oléron.
 
        En ce temps-là vivait un homme très pauvre, dans une hutte, sur les dunes qui dominent la plage des Boulassiers ; il vivait de peu, le produit de sa pêche, quelques légumes qu'il cultivait lui-même et, pour une bonne part, de la charité publique.
 
        Or, un beau jour, les habitants du village eurent la surprise d'apprendre que cet homme faisait construire des écluses immenses ; on crut que jamais il ne parviendrait à régler les travaux et pourtant il paya ; l'étonnement fut immense. Peu à peu, l'homme vécut plus richement ; il devint un bourgeois aisé ; il en vint même à se faire constuire un château à Saint-Georges.
 
        Les gens prétendent que la cargaison précieuse du Jeune Henri est à l'origine de sa fortune.




Extrait de Oléron, île aux parfums sauvages, Éditions Roudil, Paris, 1972

 
 

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