Résumé : La traversée semblait devoir se dérouler sans incident, lorsqu'une violente tempête fit s'échouer le navire lourdement chargé, sur la côte occidentale de l île d'Oléron, en face d'une maisonnette appelée Tiènas, située dans le marais salé, à quelque distance du village de Chaucre.

Histoires et légendes en Oléron – Légende du roi d'Almarre

        Vers l'année 1400, Grégoire Ier avait acheté en Angleterre tout un chargement de cuivre ; le bateau qui devait transporter cette gargaison s'appelat le « Tyr ».
 
        La route du Tyr allait de Londres à Bordeaux. Le navire était commandé par le capitaine Jean Pareil. Le roi d'Almarre et sa suite, qui venaient d'Angleterre, avaient passé quelques jours chez le beau-frère du roi, Wazlik ; trouvant un navire en partance pour la France et profitant du beau temps, il s'embarqua, avec ses gens, sa femme, la reine Yolande, et sa fille, la jolie princesse Rosalinda.
 
        La traversée semblait devoir se dérouler sans incident, lorsqu'une violente tempête fit s'échouer le navire lourdement chargé, sur la côte occidentale de l'île d'Oléron, en face d'une maisonnette appelée Tiènas, située dans le marais salé, à quelque distance du village de Chaucre.
 
        Àcette époque, le marais salé était entièrement recouvert par la mer et Chaucre n'avait pas l'aspect qu'il a aujourd'hui. Les Chaucrins se rendirent sur le lieu du naufrage avec l'intention de s'emparer du navire ; le roi d'Almarre intervint et leur dit : « Si vous aidez à remettre le bateau à flot, vous recevrez une grosse récompense ».
 
        Mais les insulaires déclarèrent qu'ils allaient tuer le chef du bateau, parce qu'il était, pensaient-ils, venu dans leur pays pour leur faire la guerre. Le roi réitéra ses promesses ; il leur déclara que le Tyr était tout simplemement échoué sur le côte et qu'il n'avait aucunement l'intention de leur leur faire du mal ; il leur dit ensuite que si on leur laissait la vie, il leur abandonnerait tout le cuivre que contenait le bateau et même un plein coffre de vaisselle d'or et de bijoux précieux qui lui appartenait. La nuit passa, mais le lendemain, les naufragés, qui avaient été gardés à vue pendant toute la nuit, furent mis à mort par les habitants de l'île. Se croyant alors en possession du coffre d'objets précieux dont leur avait parlé le roi, les insulaires furent vivement désappointés en fouillant le bateau ; ils n'y trouvèrent que le cuivre à l'état brut dont se composait le chargement. En effet, pendant la nuit, un vaillant chevalier, qui faisait partie de la suite du roi d'Almarre, avait su déjouer toute surveillance et avait enfoui le trésor quelque part dans le marais salé, où il doit encore se trouver de nos jours.
 
        Les habitants de l'île s'emparèrent du cuivre et abandonnèrent le navire qui s'envasa peu à peu et disparut complètement par la suite.



Extrait de Oléron, île aux parfums sauvages, Éditions Roudil, Paris, 1972

 
 

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