marlier.pro| Ô doux regards, ô yeux pleins de beauté, Petits jardins pleins de fleurs amoureuses Où sont d'Amour les flèches dangereuses, Tant à vous voir mon oeil s'est arrêté ! Ô coeur félon, ô rude cruauté, Tant tu me tiens de façons rigoureuses, Tant j'ai coulé de larmes langoureuses, Sentant l'ardeur de mon coeur tourmenté ! Doncques, mes yeux, tant de plaisir avez, Tant de bons tours par ces yeux recevez ; Mais toi, mon coeur, plus les vois s'y complaire. Plus tu languis, plus en as de souci, Or devinez si je suis aise aussi, Sentant mon oeil être à mon coeur contraire. |
Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés Ô chauds soupirs, ô larmes épandues, Ô noires nuits vainement attendues Ô jours luisants vainement retournés ! Ô tristes plaints, ô désirs obstinés, Ô temps perdu, ô peines dépendues, Ô mille morts en mille rets tendues, Ô pires maux contre moi destinés ! Ô ris, ô front, cheveux, bras, mains et doigts ! Ô luth plaintif, viole, archet et voix ! Tant de flambeaux pour ardre une femelle ! De toi me plains, que tant de feux portant, En tant d'endroits d'iceux mon coeur tâtant, N'en est sur toi volé quelque étincelle. |